Grandir sans son père

Bonjour,

Aujourd’hui, je voudrai vous parler du fait de grandir sans l’un de ses parents, et en l’occurrence, sans son papa.

Grandir sans un père n’est malheureusement pas si rare que cela. Pour autant, nous, les enfants élevés par seulement une maman, sommes traités différemment. Encore pire, nous entendons depuis petits des phrases clichées sur comment notre vie va se passer car nous avons le malheur de grandir sans figure paternelle. Je vais vous raconter cela à travers les phrases, remarques ou situations qui ont pu m’arriver, et je pense que je ne suis pas un cas isolé.

Pour ma part, mon papa est parti de la maison quand j’avais 3 ans. Je n’ai aucun souvenir de lui avec ma maman. Je le voyais un weekend sur deux jusqu’à mes 8 ans. Et depuis, je ne l’ai plus jamais vu. C’est un choix de ma part. C’est à ce moment-là que pour père est venue me chercher complètement alcoolisé. Il est alcoolique. Mais à 8 ans, cela m’a traumatisé, cela a vraiment été un choc. J’ai donc décidé de ne plus le voir. Mais avant, je le voyais très peu. Je ne suis parti en vacances que une fois dans ma vie avec lui. Il n’a jamais été une figure parentale pour moi. Je le voyais car c’était mon père, mais c’est tout. Il ne m’a jamais accompagné à l’école, jamais ne fais des devoirs, jamais emmené à des activités, jamais vu mes spectacles etc.

Et bien non. Comme dis précédemment, je n’ai jamais grandi avec un père. Donc je n’ai jamais ressenti de manque. On ne peut pas manquer quelque chose que l’on ne connait pas. Ma vie moi, c’était de n’avoir qu’une maman depuis la naissance. Et elle, elle s’occupait de moi. J’avais mes grands-parents maternels qui s’occupais aussi tout le temps de moi (quand ma mère était au travail). J’étais entouré de gens qui s’occupaient de moi, et qui m’aimaient. Je n’avais aucun manque. Pour autant, les gens me regardaient avec pitié en me disant « tu dois être si triste de ne pas avoir ton papa », ce qui avait le don de m’énerver plus au point.

Alors, je ne sais pas pourquoi, mais les gens passent leur temps à vouloir savoir si tu as des nouvelles ou des contacts avec ton père. Cela a commencé quand j’étais au collège. C’est vrai que moi, je n’ai jamais eu de tabou à dire que mon père était absent de ma vie. Alors les gens estimaient qu’ils étaient légitimes à savoir comment se passaient les relations avec mon père. Mais le pire, c’est encore une fois leur regard de pitié quand j’expliquais que je n’avais aucune nouvelle et que ça m’allait très bien car c’était mon choix. Les gens ne comprenaient pas que j’étais très bien sans relations avec mon père.

Ce qui est très compliqué quand on ne vit qu’avec un parent, c’est les rentrées scolaires. Jusqu’au lycée, on nous demande de remplir une fiche de renseignements avec les numéros de téléphones, les métiers, les adresses etc de nos parents. Mais quand on en a que un sur deux, on se retrouve bien bêtes. Cela dépend bien évidemment des professeurs que l’on retrouve en face de nous. Mais il y en a certains qui ne sont pas très malins et qui vous convoquer pour nous demander pourquoi nous n’avons pas rempli la case « père ». Et personnellement, je n’avais pas forcément envie de répéter 50 fois quelle était la situation avec mon père. Je n’avais que ma mère un point c’est tout.

C’est je pense la situation qui m’a le plus marqué négativement de ma vie à propos de l’absence de mon père de mon éducation.

A mes 17 ans, j’ai dû me faire opérer des dents de sagesse. Mais j’ai failli ne pas pouvoir être opéré du tout. L’hôpital refusait de m’opérer car mon père n’avait pas donné son consentement. J’étais outrée. Mon père ne s’était jamais occupé de moi, n’avait jamais émis l’envie, et avait laissé ma mère se débrouiller toute seule. Il avait une pension alimentaire qu’il devait payer, mais ma mère n’a jamais vu un sou. Et là, on estime que ma mère qui m’a élevé seule n’est pas suffisante au consentement de mon opération ?

Ce n’était pas de la faute de l’hôpital en soit, c’est la faute du système. En expliquant en détail la situation à l’hôpital, ils ont bien évidemment fait une dérogation. Mais c’est encore rappeler que grandir sans père est anormal et pose problème.

Depuis que j’ai la dizaine, on me répète que je n’arriverai jamais à garder un homme (quelle classe), ou que je finirai lesbienne (bien évidemment, avec un ton moralisateur, comme si c’était une mauvaise chose).

Bon, manque de pot, je suis hétérosexuelle. Je vais donc d’après les dires de tout le monde, finir seule. Les gens ont la belle mentalité de penser que grandir sans père va ruiner notre vie sentimentale. On ne sait pas comment agir avec un homme si nous ne sommes pas élevé un homme. Vous l’entendez aussi quand des couples femmes militent pour avoir le droit d’avoir des enfants.

Alors, je vais vous révéler quelque chose d’incroyable. Même si nos figures parentales ne sont que féminines, les hommes existent dans le monde des enfants. Cela peut être un oncle, un grand-père, un parrain, un ami, un docteur, un maître d’école… On sait quand même ce qu’est un homme. Les mères ne nous les cachent pas. Enfin bref, je n’ai honnêtement jamais compris cette mentalité pardonnez pas.

Ces phrases m’ont fait de mal plus que le fait de ne pas avoir de père. Je pensais que je finirai seule, que les hommes ne s’intéresseraient jamais à moi, que ça ne valait pas la peine.Finalement, à mes 17 ans, j’ai rencontré l’homme de ma vie , je suis avec depuis plus de 5 ans. Donc ces phrases étaient vides de sens. Et même si je n’étais pas en couple maintenant, je maintiens que ces phrases sont vides de sens.

Je n’arrive pas à comprendre pourquoi on m’a toujours répété cela.

Ce sera le dernier point de mon article.

Toute ma vie, et encore maintenant, on me dit que tous les problèmes que j’ai eu, que j’ai et que j’aurai sont à cause de l’absence de mon père. C’est agaçant d’être définie comme la fille qui a grandi sans son père.

J’ai eu des problèmes à cause mon père, mais c’était quand j’étais en contact avec lui. Les problèmes que j’ai pu avoir à cause de son absence sont les paroles des gens et non son absence en elle-même. Les gens pensent mieux que vous ce que vous ressentez, ce que vous vivez et connaissent même votre futur.

J’ai été beaucoup plus touché par les remarques incessantes que j’ai eues sur le fait de ne pas avoir de père présent plutôt que de son absence. Comme dit précédemment, je n’ai connu que cela. Donc je n’ai aucun manque. Grandir avec ma mère et sa famille c’est cela que je connais, c’est cela ma famille et c’est normal pour moi.

Il faut arrêter de faire des commentaires sur la vie des gens qui ont grandi avec un seul parent. Pour eux, c’est la normalité.

En résumé, le plus blessant dans l’absence d’un parent, c’est les autres. Nous nous arrivons à bien le vivre, ou faire au mieux, cela dépend vraiment de la situation. Mais la société a du mal à considérer qu’un enfant élevé par un seul parent grandira quand même bien. Du moment qu’il y a de l’amour, un enfant grandira bien peu importe le sexe des parents, ou l’absence d’un parent.

Et vous, avez-vous dans une famille qui n’est pas dans les normes de la société (c’est un dire un papa et une maman) ? Comment l’avez-vous vécu ? Avez-vous eu aussi des remarques des autres ?

J’espère que cet article vous aura plu

Pauline

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