La dépression, ce tabou

Bonjour,

Aujourd’hui, je voudrai vous parler de la dépression, et du tabou qui règne autour. Pour ce faire, je vais vous faire le parallèle avec mon expérience personnelle.

Rappelons tout d’abord ce qu’est une dépression qui touche, tout de même, 3 millions de personnes en France :

« La dépression appelée dans le langage courant « dépression nerveuse » ne désigne pas un simple coup de déprime ou une tristesse passagère mais une véritable maladie psychique.

Elle se caractérise par des perturbations de l’humeur (tristesse, perte de plaisir). L’humeur dépressive entraîne une vision pessimiste du monde et de soi-même. Elle dure plus de deux semaines et retentit de manière importante sur la vie quotidienne (perte du sommeil, troubles de l’appétit et du désir sexuel, perte des performances intellectuelles, isolement…)

La volonté seule ne permet pas de s’en sortir. C’est pourquoi elle doit être soignée pour ne pas se compliquer ou devenir chronique. »  Cette définition provient du site Ameli.

« Pour beaucoup, aller voir un psychiatre ou un psychologue est synonyme d’être fou »

Pour autant, il n’est pas évident de reconnaître lorsque nous sommes en dépression. Mais ce qui est rends les choses encore plus compliqués, c’est que nous ne sommes pas forcément aidés par nos proches, ni même par la société dans sa globalité.

Je m’explique : la dépression est une maladie mentale, qui nécessite une prise en charge psychiatrique et médicamenteuse. Et pour beaucoup de gens encore, aller voir un psychiatre ou un psychologue est synonyme d’être fou, d’avoir un problème, et surtout de honte. Pour d’autres encore, les thérapies ne servent à rien, et les médicaments idem.

Alors oui, lorsque nous sommes en dépression, nous avons un problème. Mais non, ce n’est pas une honte. Cela demande du courage et de la force de se reprendre en main et de se battre contre sa dépression.

« Pour ma famille, je faisais du « cinéma » »

Pour être plus concrète, je vais aborder mon cas. Ma dépression a été déclaré à mes 17 ans. Cependant, cette dépression traînait depuis au moins 2 ans. Mais alors, pourquoi j’ai attendu deux ans avant d’aller voir un psychiatre ?

Mes symptômes étaient les suivants: je pleurais beaucoup, j’étais très en colère, nerveuse, à parfois faire des crises de nerfs. Il m’arrivait d’hurler, de casser des choses et cela finissait en crise de larmes. Mais voilà, pour ma famille, je faisais « du cinéma », et sinon, je faisais une crise d’adolescence. Souvent, on me disait «  c’est bon t’a fini ?  » « Ah non, tu recommences à pleurer, et bien appelle moi quand tu as fini ». C’était constamment des reproches.

Ma souffrance n’a JAMAIS été prise au sérieuse. Et moi, à 15-16 ans, je n’avais pas le discernement pour me dire que je faisais une dépression. Ce que je pensais, c’est que je n’étais pas normal, que j’étais un fardeau et que j’étais folle. Le mot incompréhension régnait dans ma tête. Je me sentais très seule. Personne n’était là pour me dire qu’en fait, je n’allais juste pas bien, que j’avais un mal être.

Mes insomnies ont commencé à venir, et à ne plus partir, ce qui m’a brisé. Au bout d’un an d’insomnies, j’ai éclaté en sanglots en plein cours, ce qui m’a conduit à l’infirmerie. Et c’est là où l’infirmière m’a dit que j’étais en dépression.

Ce mot était une honte dans ma tête. Ma famille est beaucoup sur la paraître. Il ne faut pas aller mal. Une dépression, ça n’existe pas. C’est tabou. Alors, honteuse, ne sachant pas comment faire, comment m’en sortir, j’ai tenté de me suicider. Bien sûr, cela a raté, puisqu’en voulant me sauter sous une voiture, je suis tombée sur celle de ma mère !

« J’ai appris à ne plus avoir honte d’avoir une dépression »

Elle m’a directement emmené chez un psychiatre qui a convoqué ma mère en lui expliquant que j’étais en dépression, et ce, depuis un long moment. Elle l’a mal pris, pleuré, mais a « accepté » et m’a aidé dans mon traitement.

La psychiatre, ainsi que les antidépresseurs et somnifères m’ont aidé à aller mieux et surtout, à ne pas avoir honte d’avoir une dépression. Ne pas avoir honte d’avoir besoin d’aide. J’ai donc décidé d’être honnête avec le reste de ma famille et de mes amis en leur expliquant ma dépression et mes médicaments. Et là, je n’ai eu le droit qu’à des commentaires de ce type :

« Un psy ça ne sert à rien » « Les antidépresseurs c’est très dangereux, arrête d’en prendre » « Pourquoi raconter tes problèmes à un inconnu, ça doit rester privé » etc.

Ma mère m’a donc demandé de ne plus en parler à ma famille. Et ce, encore aujourd’hui. Je suis suivie encore, car j’en ai besoin. Mais je n’ai pas le droit d’en parler.

La santé mentale est un sujet que l’on aborde pas en famille

Mais, en rencontrant mon conjoint, et puis en élargissant mon cercle d’amis, je me suis rendue compte que ma famille est loin d’être un cas isolé. La santé mentale n’est pas un sujet que l’on aborde en famille. C’est tabou.

Mais pourquoi ? En étant ouverts, à l’écoute, nous pouvons aider les autres et nous faire aider.

Pourquoi serait-ce une honte d’avoir besoin d’aide ? Pourquoi cette omerta autour des maladies mentales ? Cela peut être très dangereux. Interdire quelqu’un de se libérer, de ressentir, de pleurer, ce n’est pas sain.

Il est vrai qu’il n’est pas drôle d’avoir un proche en dépression, qui est dans un mal être. Mais au lieu de l’opprimer, de cacher, de laisser couler, il faut l’écouter, l’aider , l’épauler. Lui faire ressentir qu’être en dépression est une honte ne fera qu’aggraver son cas puisqu’il s’installera dans une solitude et un mal être encore plus profond.

Il est grand temps de briser ce tabou.

N’hésitez pas à partager vos expériences dans les commentaires. La dépression est-elle un tabou dans votre famille/entourage, ou au contraire, c’est un sujet abordé? Comment avez vous vécu les réactions de vos proches à votre mal être?

J’espère que cet article vous aura plu. On se retrouve très vite dans un prochain article.

Pauline 😊

4 commentaires sur “La dépression, ce tabou

  1. Coucou
    Je suis désolée de voir à quel point ça a été difficile pour toi à cause du fait que ta famille ne comprenait pas ce que tu vivais.
    Moi quand j’ai su que j’étais anxio-dépressive il y a presque 3 ans, j’avais honte et c’est justement mon père qui m’a dit qu’il ne fallait pas avoir honte d’être malade. J’ai été énormément soutenue par lui, qui n’est pas de nature très démonstrative d’habitude. Je lui en serai éternellement reconnaissante. Par contre c’est vrai qu’autour de moi, certaines connaissances et amis ne me comprenaient pas. Il y a beaucoup de personnes qui pensent à tort qu’on fait du cinéma. Mais aujourd’hui je sais que tout le monde ne peut pas comprendre et je l’accepte. Et ceux qui veulent comprendre ce que c’est, c’est avec plaisir que je leur partage mon expérience.
    Merci pour cet article très fort en émotion et je te souhaite tout le bonheur du monde.
    Tia

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    1. Merci pour ton commentaire ! C’est bien d’être autant soutenue, surtout par quelqu’un d’aussi proche de toi! Et tu as raison, il faut partager nos expériences. Les gens ont souvent peur de ce qu’ils ne comprennent pas c’est pour ça qu’il ne faut pas hésiter à en parler 🙂
      Je te souhaite aussi tout le bonheur du monde 🙂

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  2. J’ai fait une dépression à peu près au même âge que toi, j’avais 16 ans. A vrai dire, je ne savais pas trop ce qui m’arrivait à l’époque, c’est venu crescendo. J’avais enfoui tellement de choses qui s’étaient produites, que je pense que c’est ça qui en a fait la gravité. J’ai dû être hospitalisée. Je ne ressentais pas spécialement de honte, j’étais comme une coquille vide à l’intérieur de mon corps. Cependant, même si mes parents ont eu du mal à s’y faire, ils m’ont soutenue. Je me suis sortie et je trouves dommage toute cette incompréhension, au fait qu’il faudrait faire semblant d’aller bien. Nous sommes des êtres humains après tout, on a tous un coeur, pourquoi on devrait s’en cacher ?

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